Peux-tu te présenter en quelques mots et nous parler de ton parcours avant de devenir diagnostiqueur immobilier ?
Je suis Julie, j’ai 30 ans et je suis technicienne en bâtiment depuis le début de l’année. J’exerce sur le secteur de Carpentras | Porte du Ventoux.
J’ai suivi un BTS MUC puis une licence professionnelle en banque-assurance. Grâce à l’alternance, j’ai rapidement compris que ce domaine ne me correspondait pas.
Je me suis ensuite tournée vers la boulangerie industrielle, où je suis rapidement devenue responsable de boutique. J’ai ensuite occupé plusieurs postes d’adjointe ou de responsable dans la restauration, le commerce et la grande distribution.
Au début de ma carrière, j’ai également effectué de nombreuses missions d’intérim. J’ai toujours aimé découvrir de nouveaux métiers et de nouvelles missions.
Enfin, j’ai créé en 2019 une société dans le domaine de l’hydrothérapie animale.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir diagnostiqueur immobilier et qu’est-ce qui te motive aujourd’hui ?
Je souhaitais être à mon compte dans le domaine de l’immobilier. En revanche, les métiers d’agent immobilier ou de mandataire ne m’intéressaient pas.
Je recherchais un métier avec une vraie technicité dans le bâtiment, tout en conservant le contact client, avec également la possibilité de faire évoluer mes missions en passant des mentions et en réalisant notamment des audits.
Le fait d’aller chaque jour chez des clients différents et de découvrir des maisons totalement différentes répond aussi à mon besoin permanent de nouveauté.
Je suis encore au début de ma carrière de technicienne en bâtiment : j’en apprends tous les jours et je vois sans cesse ma technique évoluer. C’est très gratifiant.
La satisfaction client me motive également à me surpasser au quotidien.
Quelle a été la réaction de ton entourage lorsque tu as choisi un métier encore souvent perçu comme masculin ?
Au début, mon entourage a été surpris, puisque c’est un métier encore souvent considéré comme masculin et que je n’avais aucune expérience dans le bâtiment.
Puis ils se sont rappelé que j’aime le changement et la nouveauté, donc finalement, ce choix me correspond plutôt bien !
As-tu déjà été confrontée à des préjugés sur le terrain ?
Avec surprise, je n’ai pas vraiment été confrontée à des préjugés sur le terrain.
Beaucoup de clients sont surpris de voir une femme arriver chez eux pour réaliser leur diagnostic, mais ils font simplement la remarque et cela s’arrête là. Au contraire, j’ai eu beaucoup de retours positifs sur la féminisation du métier.
Je constate toutefois qu’avec quelques agents immobiliers masculins, notre crédibilité peut parfois être remise en question et qu’il est plus difficile d’obtenir des demandes de diagnostic de leur part.
Ils ne nous le disent pas directement, mais cela peut se ressentir. Je me dis simplement que nous ne pouvons pas plaire à tout le monde et qu’ils feront peut-être appel à nous une fois notre présence sur le secteur bien établie.
Est-ce qu’être une femme peut aussi être un atout dans ce métier ?
Oui, notamment dans la relation avec certaines clientes.
Il existe beaucoup d’agences immobilières exclusivement féminines et certaines professionnelles m’ont expliqué ne pas toujours s’être senties à l’aise avec certains diagnostiqueurs masculins, avec parfois le sentiment d’être infantilisées. Elles peuvent donc se sentir davantage en confiance avec nous.
On entend aussi souvent qu’une femme serait plus rigoureuse ou présenterait des rapports plus précis, mais je ne suis pas forcément d’accord avec cette généralité : je connais de nombreux confrères bien plus rigoureux que moi !
En revanche, j’ai parfois le sentiment que la confiance s’installe plus facilement avec les propriétaires lorsque l’on est une femme.
Y a-t-il un cliché sur les femmes dans le bâtiment que tu aimerais voir disparaître ?
Oui : même avec mes extensions de cils, je vais dans les vides sanitaires et dans les combles sans avoir peur de me salir !
Et non, je ne crie pas lorsque je tombe sur une araignée. En revanche, les pigeons et les chauves-souris… c’est une autre histoire !
As-tu eu des personnes qui t’ont particulièrement soutenue dans cette aventure ?
Oui, tout d’abord ma mère, avec qui je suis associée.
Travailler en famille n’est pas toujours simple, mais sans elle, il aurait été beaucoup plus compliqué de nous installer. Nous sommes complémentaires et nous n’avons pas toujours la même vision des choses, ce qui rend justement intéressant le fait de confronter nos idées.
Et puis il y a évidemment mon mari. Nous avions un bébé de trois mois au moment de notre intégration dans la franchise, donc il a fallu trouver notre organisation.
Sans lui, je n’aurais pas pu me consacrer autant au développement de la société tout en m’occupant de notre petit garçon. Il est mon pilier.
Pourquoi avoir choisi de rejoindre Activ’Expertise ?
Nous avons décidé d’intégrer la franchise Activ’Expertise parce que nous ne nous sentions pas prêtes à nous lancer seules en tant qu’indépendantes.
Le réseau nous apporte notamment la gestion de la communication, une veille réglementaire essentielle dans un métier qui évolue énormément, ainsi qu’un service technique et une entraide entre franchisés qui nous rassurent au quotidien, notamment lors des contrôles documentaires.
J’apprécie également les valeurs de la franchise : être sérieux sans se prendre la tête. Le fait que le siège soit proche de chez moi est aussi un vrai plus : il m’arrive même de passer prendre un café !
La redevance fixe a également participé à notre choix.
Je ne peux pas encore parler en termes d’années, mais j’ai déjà eu l’occasion de participer au séminaire ainsi qu’à une réunion régionale. Ces moments sont très bénéfiques pour échanger sur la technique, partager nos expériences et se sentir moins seules sur notre secteur, même si nous sommes deux.
Comment vois-tu l’évolution du métier et du réseau ?
L’intelligence artificielle est de plus en plus présente dans notre métier et au sein du réseau. Je pense que c’est l’une des plus grandes évolutions que nous allons connaître pour nous accompagner au quotidien.
La digitalisation est également importante pour se démarquer, et le réseau l’a bien compris avec la refonte de nos sites Internet, la mise en place des avatars, etc.
La création de notre CRM est également un vrai plus. Le fait d’être directement en lien avec le développeur et de pouvoir adapter l’outil au maximum à nos besoins facilite beaucoup la gestion quotidienne.
Quel conseil donnerais-tu à quelqu’un qui démarre aujourd’hui ?
Je lui dirais de ne pas avoir peur de se remettre en question, que ce soit pour améliorer sa technique sur le terrain ou optimiser son réseau de clientèle.
Il ne faut pas non plus hésiter à échanger avec d’autres confrères sur leur manière de travailler. C’est très enrichissant.
Et que dirais-tu à une femme qui hésite à se lancer dans le diagnostic immobilier ?
La société est aujourd’hui davantage prête à voir se féminiser des métiers qui étaient auparavant considérés comme réservés aux hommes.
Il n’est pas forcément plus compliqué pour une femme de s’installer en tant que technicienne du bâtiment.
Nous avons d’ailleurs plusieurs exemples féminins au sein du réseau : des femmes qui ont très rapidement développé leur activité, qui participent aux réflexions du réseau ou encore qui occupent des fonctions de direction.
Être à son compte permet également de mieux concilier, dans une certaine mesure, vie professionnelle et vie personnelle.
Cela demande énormément de travail et parfois des horaires importants, mais je peux décider de prendre quelques heures pour m’occuper de mon fils, puis reprendre mes rapports plus tard dans la soirée.
Quelle est, selon toi, la qualité indispensable pour réussir dans ce métier ?
L’observation, et par extension la recherche d’informations, est selon moi la qualité indispensable.
Nous ne sommes pas des détectives… mais presque !
La rigueur est également essentielle, car nous exerçons un métier très réglementé. Il est important de bien observer, mais il ne faut jamais oublier ce cadre réglementaire.
As-tu déjà quelques anecdotes de terrain à partager ?
Je n’ai que quelques mois d’expérience dans le diagnostic immobilier, mais j’ai déjà plusieurs anecdotes !
Une maison abandonnée remplie de pigeons, une autre avec des chauves-souris, ou encore une belle frayeur en découvrant une poupée en porcelaine posée sur un lit dans la pénombre… Sur le moment, ce n’est pas toujours amusant, mais cela fait de bonnes histoires à raconter !
Ce qui m’a le plus marquée, c’est une personne âgée qui m’a prise dans ses bras simplement parce que j’avais pris cinq minutes pour l’écouter parler de ses problèmes familiaux.
Parfois, nous sommes le seul contact que certaines personnes ont eu depuis plusieurs jours. Cela rappelle aussi toute la dimension humaine de notre métier.
En une phrase, qu’est-ce qui fait selon toi la force du réseau Activ’Expertise ?
La force du réseau, c’est de savoir se prendre au sérieux sans se prendre la tête. Et cela se retrouve au quotidien dans les outils et l’accompagnement proposés par la franchise.
Ta devise ?
Quand on le veut, on le peut.
Et dans cinq ans, où te vois-tu ?
Avec un agenda rempli plusieurs semaines à l’avance, une équipe composée de plusieurs techniciens et techniciennes, et davantage de spécialisations, notamment avec le DPE avec mention et l’audit énergétique.
Et pourquoi pas investir dans un autre secteur !
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